Dans notre société, l'acquisition de la lecture et de l'écriture est indispensable pour avoir une autonomie sociale, affective, et aussi économique.

Or dans tous les pays du monde, c'est-à-dire quelle que soit la structure de la langue, 8 à 10 % des enfants normalement scolarisés présentent des difficultés spécifiques de la cognivité ne leur permettant pas de maîtriser la lecture par les méthodes pédagogiques habituelles. Or ces enfants ont un potentiel intellectuel normal, ils ont conscience de leur différence, et s'ils ne sont pas reconnus comme tels ils développent des troubles psychologiques pouvant aller jusqu'à une névrose d'échec qui empoisonnera non seulement leur cursus scolaire mais aussi leur vie professionnelle quand ils seront adultes.

Les progrès des neurosciences permettent de dire qu'il s'agit d'un trouble inné, donc indépendant de l'environnement familial (les parents ne sont pas responsables) discret c'est-à-dire qu'il ne concerne pas l'intelligence de ces enfants qui par ailleurs ont un potentiel créatif important dans les champs de l'art et des mathématiques par exemple, mais ce qui veut dire aussi que leur difficulté perdurera  toute la vie. 

Mais si le diagnostic est fait précocement (c'est possible dès le C.P ) et si une prise en charge pédagogique et orthophonique est mis en route dans le sillage du diagnostic, on peut espérer que leur lecture sera suffisamment fluide quand ils aborderont le cycle secondaire en sachant que si la majorité d'entre eux évoluera favorablement après deux ou trois années d'orthophonie en ambulatoire, il reste un noyau d'enfants (15 000 environ par classe d'âge en France ) qui nécessite un accompagnement actif pendant toute leur scolarité .

Si l'éducation nationale française prend enfin conscience de la nature de ce trouble, à tel point que la dyslexie est considérée comme un handicap dans les M.D.P.H (Maisons Départementales des Personnes Handicapées) avec les réserves qui s'imposent à propos du mot « handicapés », il n'en est certainement pas de même dans tous les pays d'Europe sauf en Finlande, au Danemark, en Belgique, au Royaume-Uni, en Irlande, en Allemagne, dans les Pays-Bas et la Norvège, pays qui sont d’ailleurs en avance sur le nôtre.

Nous avons un devoir d'information et de transmission des vérités que nous avons acquises dans les pays qui restent à la traîne dans ce domaine.

Il y a aussi d'autres « DYS » (dysphasies, dyspraxies, dyscalculies, dysorthographies) dont le dénominateur commun est d'être dûes elle aussi à une dysfonction innée. Mais la dyslexie, par sa fréquence, constitue un véritable problème de santé publique.