Dossier : Contributions au Colloque Europe, Citoyenneté et Franc-Maçonnerie

Pour le meilleur et pour le pire, la franc-maçonnerie est de nouveau sous les feux de l’actualité. Qu’on s’en félicite ou que l’on s’en alarme, on ne doit pas perdre de vue que cette institution, héritière d’une longue histoire, ne vit pas que de préoccupations immédiates : n’en déplaise aux échotiers, c’est dans la longue durée bien plus que dans l’éphémère qu’elle règle sa vraie nature et désigne les enjeux fondamentaux.

Dans notre pays, la France, où de nos jours, 140 000 hommes et femmes travaillent et réfléchissent sous sa bannière, la franc-maçonnerie a presque toujours été au centre de malentendus considérables. Sans doute, son statut de cercle sinon fermé du moins seulement entrouvert, cultivant non point le secret mais une certaine discrétion, a-t-il beaucoup joué pour susciter soupçons et méprises. Lors de la première révélation publique de ses mystères, à Paris en 1744 déjà, un petit quatrain en vers de mirliton décrivait plaisemment ce paradoxe :

« Pour le public, un franc-maçon

Sera toujours un vrai problème

Qu’il ne saurait résoudre à fond

Qu’en devenant maçon lui-même. » 

Europe, Citoyenneté et Franc-MaçonnerieRéfléchir (1) sur les idées de République, d'Europe et de citoyenneté implique au préalable qu'on se pose la question de savoir quelles sont les conditions conceptuelles et historiques qui ont permis l'émergence d'une sorte de "philosophie de la république" ou encore d'une "citoyenneté européenne" ?

Tel est l’objet de ce recueil de contributions au colloque organisé les 5 et 6 février 2004 à Ronchin  par l’IDERM- Septentrion auquel s’était associé le Cercle Erasme

Faut-il rappeler que l’IDERM- Septentrion se propose d’étudier le fait maçonnique  à travers des méthodes disciplinaires aussi diverses que l’histoire, la linguistique, la philosophie, la littérature ou la  musicologie. .